Mohamed Sanhadji, le chef de la sécurité de l'équipe de France, a été mis à pied par la Fédération Française de Football et fait l'objet d'une demande d'entretien préalable à une sanction disciplinaire. Cette décision intervient après que l'ancien officier de police a été mis en examen le 16 septembre pour des faits présumés de corruption et de trafic d'influence.

Une enquête judiciaire déclenchée

Le capitaine des Bleus, qui a inscrit 10 buts en 8 sélections cette saison pour une moyenne de 104 minutes de jeu par but, avait effectué ce paiement depuis sa prime de Coupe du monde 2022. Le montant a été décrit comme un « don d'usage » après que Sanhadji se soit rendu au Cameroun pour organiser la sécurité de Mbappé lors d'un séjour privé. Le parquet national financier a placé Sanhadji sous contrôle judiciaire, une mesure qui lui interdit notamment de se rendre à Clairefontaine.

Philippe Diallo, le président de la FFF, a confirmé la situation jeudi en marge du comité exécutif fédéral. « S'agissant de cette affaire, c'est une affaire qui est aujourd'hui en instruction, donc vous pouvez comprendre que ça ne me permet pas d'entrer dans l'ensemble des détails », a déclaré Diallo. La FFF s'est constituée partie civile dans cette procédure.

Une intégration maintenue malgré les alertes

Malgré une enquête administrative ayant conduit à une mise à la retraite anticipée de la police nationale fin 2025, Mohamed Sanhadji était resté en poste auprès des Bleus. La Fédération lui avait alors proposé un contrat à durée déterminée jusqu'à la Coupe du monde 2026. « Nous étions à six mois de la Coupe du monde pour l'équipe de France et un consensus s'est créé autour de l'idée qu'à la proximité d'une échéance aussi importante, le commandant puisse poursuivre ses activités », a expliqué Philippe Diallo, invoquant le principe de présomption d'innocence.

À l'arrivée de Zinédine Zidane comme nouveau sélectionneur, Sanhadji a été confirmé dans le staff et a même signé un contrat à durée indéterminée cet été. Zidane avait exprimé son souhait de conserver l'homme qui assurait la sécurité des équipes de France depuis près de vingt ans. Le contrôle judiciaire de septembre, empêchant Sanhadji d'exercer ses missions, a finalement conduit la FFF à prononcer une suspension conservatoire.

La continuité du service en question

La Fédération et le ministère de l'Intérieur sont désormais en contact pour désigner le prochain officier de sécurité qui rejoindra le staff de Zinédine Zidane dans les prochaines semaines. Philippe Diallo a reconnu que la situation était « assez désagréable » et que l'inquiétude du sélectionneur était d'avoir une équipe bénéficiant d'une protection optimale.

Cette affaire survient alors que les Bleus, invaincus depuis quatre matches avec trois victoires et un nul, préparent leur prochain déplacement en Italie le 12 novembre. La procédure disciplinaire interne à la FFF, distincte de l'enquête judiciaire, déterminera le sort professionnel de Mohamed Sanhadji au sein de l'institution.

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